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R++ / Analyse statistique des données  / ~01~ A quoi ça sert les stat ? Décrire le monde.

~01~ A quoi ça sert les stat ? Décrire le monde.

 

Vous n’avez jamais rien compris aux stats ? Vous avez des tonnes de données que vous aimeriez bien faire parler ? Vous en avez assez d’être trompé par des chiffres truqués dans des rapports bidons ? Ce blog est fait pour vous !

Aujourd’hui : à quoi ça sert les stats ? Décrire le monde !

 

1. Exemple réel : souvenirs, souvenirs !

Petit exemple pour se mettre en jambe :  à quel point peut-on faire confiance à nos souvenirs ?

C’est très important, les souvenirs, ça nous construit, ça nous définit, parfois même… ça nous pourrit la vie ! C’est aussi ce qui potentiellement va envoyer quelqu’un en prison : « J’en suis sûre monsieur le juge, c’est lui que j’ai vu couvert de sang avec une arme à la main. » Bref, c’est hyper important.

 

1.1. Une expérience « mémorable »

Kathryn Braun étudie les souvenirs [1]. Elle a demandé à 167 personnes qui sont allés à Disneyland quand ils étaient petits de raconter leurs souvenirs.

A la moitié d’entre eux, avant de leur poser ses questions, elle montre une pub Disneyland dans laquelle on voit un petit enfant qui sert la main de Bugs Bunny. A l’autre moitié, elle ne montre rien.

Ensuite elle a fait passer des entretiens. Elle leur pose beaucoup de questions sur ce dont ils se souviennent, puis l’air de rien, à un moment donné, elle leur demande s’ils ont serré la main de Bugs Bunny. Elle note précieusement les résultats. Dans une colonne, elle note si la personne a vu la pub, dans l’autre elle note si elle se souvient d’avoir serré la pince à Bugs Bunny.

1.2. Quels sont les résultats ?

Voilà ce qu’elle obtient :

 

 

Question : que peut-on conclure ?

Réponse : eh bien rien !

Ce tableau est trop grand pour l’esprit humain. On n’arrive pas à l’appréhender, on ne peut rien en tirer.

 

 

 

 

Alors que… si je fais un petit résumé du tableau :

  • d’un côté, je prends le groupe de ceux qui ont vu la pub, je compte ceux qui se souviennent de Bugs Bunny et ceux qui ne s’en souviennent pas.
  • de l’autre côté, je prends le groupe de ceux qui n’ont pas vu la pub, je compte ceux qui se souviennent de Bugs Bunny et ceux qui ne s’en souviennent pas.

 

J’obtiens ce tableau résumé :

Pour compléter le tableau, je peux calculer le pourcentage de gens qui se souviennent de Bugs Bunny dans chacun des groupes, avec cette formule :

 

 

Et on obtient :

 

1.3. Conclusion : qu’avons-nous appris ?

 

Dans le groupe “photo”, on obtient 16%, dans l’autre 7%. Autrement dit, dans le groupe auquel on a montré la photo, on trouve beaucoup plus de gens qui se souviennent de Bugs Bunny.

Sauf que Bugs Bunny est un personnage de Warner Bros, et donc il n’a jamais mis les pieds à Disneyland !

Patatra ! Tous ceux qui se souviennent de lui ont des faux souvenirs. Pourtant, quand on leur demande, ils sont vraiment sûrs d’eux, alors que c’est impossible.

En somme, nous avons découvert que

  1. Le fait de se souvenir de Bugs Bunny est un faux souvenir
  2. Montrer la photo augmente la probabilité de se fabriquer un faux souvenir

Ça fait un peu froid dans le dos !

1.4. Conséquences sur le monde où nous vivons

 

Dans pas mal de systèmes judiciaires, les condamnations se font sur la base du témoignage.

Par exemple, en juillet 1984, Ronald Cotton a été condamné à la prison à vie pour le viol de Jennifer Thompson. Il a été condamné à la suite du témoignage de la victime, qui a assuré qu’il était son agresseur.

Dix ans plus tard, un test ADN a prouvé que Ronald n’y était pour rien… 10 ans de vie, ça fait cher payé le faux souvenir !

 

 

2. Retour aux stats…

Retour aux stats et surtout à leur utilité : qu’est-ce qu’on a fait ? On a collecté des données. On a obtenu un tableau incompréhensible, trop vaste pour l’esprit humain. Alors on l’a résumé. Et là, un résultat hyper important est apparu.

 

C’est à ça que servent les stats :

 

Les statistiques résument des données trop grandes pour l’esprit humain

en quelques nombres facilement interprétables.

 

Cela permet aux statisticiens (et à leurs amis médecins, psychologues, responsables RH, marketing, logistique…) de décrire le monde et de mieux le comprendre. Dans le cas présent, la conclusion est que pour avoir un système judiciaire juste, il vaut mieux ne pas trop se fier aux témoignages !

 

_______

 

Voilà, c’est la fin de cette introduction. La prochaine fois, je vous parlerai de bombes nucléaires, de délinquance et de réinsertion.

Vous pouvez retrouver à peu près la même chose en vidéo sur ma chaine « Les stats ? Même pas mal !»,  chaine de vulgarisation statistique disponible sur YouTube.

Enfin, si vous avez des exemples d’études statistiques étranges, loufoques, ou contre-courant, hors norme, déjantées, ludiques, éléphantesques… n’hésitez pas à les poster dans les commentaires ci-dessous, j’adore ça !

 

Notes et références

[1] BRAUN-LATOUR, Kathryn A., LATOUR, Michael S., PICKRELL, Jacqueline E., et al. How and when advertising can influence memory for consumer experience. Journal of Advertising, 2004, vol. 33, no 4, p. 7-25

 

Photo Christophe Genolini de notre équipe

 

 

 

 

Christophe Genolini

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